Cycles Devos: la diversité, clé de la réussite

Maison bien connue des amateurs de deux-roues de Bruxelles et environs, Cycles Devos est une entreprise familiale active depuis plus de cent ans au service des vélos et scooters.

C’est en 1910 que débute l’histoire des Cycles Devos, lorsque François Rousseau ouvre un atelier de fabrication et de vente de bicyclettes. Le succès sera au rendez-vous et permettra à l’entreprise de survivre aux affres de la première moitié du vingtième siècle. Au sortir de la seconde guerre mondiale, Léon Rousseau qui a repris les rênes de la société familiale est parmi les premiers à croire au succès du segment naissant des scooters. Dès 1954, il diversifie son activité en commercialisant les marques Vespa et Lambretta. Puis, dans les années ‘70, l’entreprise est la première à proposer la marque Honda à Bruxelles, à laquelle viennent bientôt s’ajouter Peugeot, Motobécane et d’autres.

Héritage familial

Arrière-petit-fils du fondateur des Cycles Devos, Frédéric Rousseau est fier de la réussite familiale dont il a hérité. «J’ai commencé très jeune à aider mon grand-père dans le magasin, en ‘job étudiant’ comme on dirait maintenant, un  terme qui n’existait pas à l’époque». Avec son frère Laurent, il est à la tête de l’entreprise familiale depuis 2000. «Nous sommes complémentaires : lui s’occupe de la partie technique, et moi de l’aspect plus commercial» confie le commerçant, qui souhaite garder à tout prix la spécificité «multimodale» de son établissement. «Nous voulons être un magasin de mobilité. Nous sommes l’un des seuls commerces de l’entité bruxelloise à vendre aussi bien des scooters que des vélos, qui représentent une part égale de notre chiffre d’affaires. Beaucoup de nos clients apprécient cela, et possèdent souvent les deux».

Une double casquette qui permet à l’entreprise de tourner toute l’année, sans être tributaire de la météo comme les vélocistes. En effet, environ la moitié des ventes de scooter se fait auprès de sociétés, qui changent de monture de manière «fiscale», quelle que soit la période de l’année.

C’est cette différenciation qui fait également la force de Cycles Devos dans le paysage saturé du marchand de deux-roues à Bruxelles. «Avant, tous les vendeurs de vélos vendaient aussi des scooters, mais petit à petit, ils se sont orientés vers l’un ou l’autre. Ce sont des métiers différents, qui demandent un savoir-faire particulier, des mécaniciens formés, etc. Ce que nous possédons. Sans cela, la satisfaction client, très importante pour nous, s’en ressent» confie Frédéric Rousseau.

L’homme admet également que l’infrastructure et la notoriété de l’entreprise participent au succès. «On a l’avantage d’être une vieille Maison connue à Bruxelles, avec une histoire et une réputation. Et puis la superficie de notre magasin permet de proposer une offre complète en différentes marques». Depuis l’an dernier, la société s’est également lancée dans l’importation des scooters à quatre roues de la marque italienne Quadro, avec un certain succès d’ailleurs, puisque 50 exemplaires ont déjà trouvé preneur durant la première année de commercialisation.

Troisième acteur

Un partage entre vélo et scooters auquel sont venus s’ajouter les vélos électriques. Un nouvel atout pour l’enseigne. «Depuis quelques années, le vélo électrique est venu donner un bon coup de pouce à nos ventes. Environ la moitié des 1.500 vélos que nous vendons annuellement sont pourvus d’une assistance électrique». Une corde de plus à l’arc des Cycles Devos, qui parvient à faire cohabiter les trois catégories dans son show-room. «Nous avons divisé les 2.000 m² de notre salle d’exposition en trois parties : les vélos à l’avant, les scooters à l’arrière et les vélos électriques entre les deux, puisqu’ils constituent une sorte d’intermédiaire entre les deux catégories.»

Frédéric Rousseau l’affirme pourtant, il n’est pas question de cannibalisation des ventes entre les vélos à assistance électrique et les scooters. «Il arrive parfois que certains clients entrent indécis dans le magasin. C’est alors à nous de les écouter, de cerner leurs besoins et de les aiguiller vers la solution qui les satisfera le mieux. Chacune d’elles a ses avantages et ses inconvénients : au vélo, la légèreté, la facilité et le budget ; au scooter la distance et la rapidité.»

Malgré cette cohabitation réussie, notre interlocuteur n’entend pas étendre sa diversification à d’autres moyens de transport. «On ne veut pas ratisser trop large, sinon on ne va pas au fond des choses. C’est pourquoi on a arrêté la moto il y a quelques années, et l’on n’a pas souhaité se lancer dans les nouvelles modes des hoverboards et autres niches. On laisse ça aux commerces spécialisés.»

Un avenir partagé

Quand il s’agit d’évoquer l’avenir de son entreprise, le gérant se dit à la fois très inquiet et très serein. Pour lui, la mixité de son offre et l’expertise technique resteront toujours des atouts pour la clientèle. Mais il se dit néanmoins préoccupé par la montée en puissance de la concurrence d’Internet, qui constitue «le paysage de la vente de demain».

Favoriser l’utilisation des deux roues permettrait aussi de réduire la circulation et l’impact environnemental de la circulation en ville. Mais il faut pour cela que des aménagements soient faits en conséquence, ce qui n’est actuellement pas le cas selon Frédéric Rousseau : «Le gouvernement doit tenir compte des deux roues lors des travaux d’aménagement. Or aujourd’hui, rien n’est fait, à Bruxelles et en Wallonie du moins.  Et c’est dommage quand on voit les infrastructures spectaculaires qui sont mises en place dans d’autres villes européennes. Il est temps de faire quelque chose pour inciter les gens à se déplacer massivement à vélo» conclut-il.

Photo: Thierry Dricot

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